Champion / Drake

Groupe :
Format : CD

La rencontre entre le trompettiste de Nautilis et le légendaire batteur d’Archie Shepp, Don Cherry, Pharoah Sanders…

Le disque « Le Chant des pierres » paraîtra chez Mz Records au mois d’octobre 2014.

Voici ce qu’en dit Alexandre Pierrepont :

Marelle

(The Citizens of the World Drum & Bugle Corps)

Ce disque témoigne d’une séquence, en trois temps : grâce au dispositif ou à la conspiration ARCH, rapprochant musiciens du Finistère et musiciens du Midwest, une première rencontre entre Philippe Champion et Hamid Drake eut lieu à l’Atlantic Jazz Festival, du côté de Brest, en octobre 2012 ; laquelle fut suivie de retrouvailles empressées à Chicago en avril 2013 (pour fêter Fred Anderson au Jazz Showcase, en compagnie d’Ernest Khabeer Dawkins, d’Harrison Bankhead et de Tatsu Aoki, et pour enregister à l’Experimental Sound Studio, en présence fraternelle et parfois participative, mais c’est une autre histoire, de Joshua Abrams, de Stéphane Payen et d’Edward Perraud) ; lesquelles furent suivies d’une belle à Brest en octobre 2013, durant l’Atlantique Jazz Festival encore. Tout se tient.

Accessoirement, on remarquera que les trois « reprises » dudit disque (Don Cherry, avec lequel Hamid Drake se produisit à intervalles irréguliers pendant près de vingt ans ; Charlie Haden s’égarant en Chine ; et même Steve Lacy et ses fausses pistes) pointent dans la direction d’Ornette Coleman qui, lui, partaient dans toutes les directions à la fois et dont l’un des batteurs attitrés, Ed Blackwell, co-auteur avec Cherry d’un ineffaçable duo (tel Champion en tandem avec Nicolas Pointard au sein de Shampoing), ne fut pas sans exercer quelque influence sur un tout jeune Drake. Tout se tient.

Font ici irruption.

D’un côté, le travail du métal et des feux follets, impliquant pantomimes, germes et gauchissements, panache et tours de manège, c’est-à-dire très exactement une trompette empanachée et une trompette escaladeuse de rythmes, prédatrice au besoin, qui hoquète, qui chahute et qui chante. Qui n’oublie jamais la gravité et le plaisir du chant.

D’un autre côté, les soubresauts, les dérobades et les rebuffades, la grande parade des rythmes et leurs hiatus, ceux qui, si lestes, se logent dans leur gond, et ceux qui se font cerf-volants, qui se font jour, luisances, puissances, horloges et richesses, les rythmes inéclos et ceux qui s’épluchent, voracement, c’est enfantin dirait Clémence, c’est emprunt de gravité et de plaisir.

Voyez-vous ça. Non, vous l’entendez.

Au centre, on vous y invite, entre les deux hommes et leurs trois temps, il y a le bien-être, la respiration du Ciel et de la Terre.

Alexandre Pierrepont

Musicien(S)


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